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Sans un bruit, faire aimer l'écrit
HOMOPHOBIE | 05.07.2016 - 14 h 28 | 0 COMMENTAIRES
Génération Invisible
generationinvisible

Je viens d’avoir 40 ans et je travaille dans une grande société d’assurances. C’est drôle parce que j’ai si peu d’assurance en moi.

Il y a quelques semaines, un nouvel employé m’a dragué ouvertement ou alors peut être que j’ai rêvé. Mais vous diriez de butte en blanc un grand sourire aux lèvres, en le fixant droit dans les yeux au collègue d’en face qui vous demande pourquoi vous êtes encore à votre bureau alors que votre journée est terminée « J’ai pas vu que l’heure était passée, c’est peut être parce que tu me troubles. » ?

Dans un roman à l’eau de rose, j’aurais entrepris ce jeune insolent dans les toilettes en prenant soin de ne pas salir la cuvette. Ou mieux, je l’aurais invité à prendre un verre dans un de ces endroits à la mode où j’ai beaucoup traîné au début des années 2000.
Ce qui est fou en imaginant ça, c’est de savoir que non seulement j’ai fait semblant d’être en pleine conversation au téléphone mais que devant la lâcheté de ma réaction, désormais ce mec me salue à peine quand il me croise.

Je ne sais pas vraiment combien il y a de personnes répondant au spectre LGBT dans mon entreprise, c’est comme si nous avions un code implicite de non agression. Nous nous sommes peut être repérés mais nous n’oserons aucun rapprochement. De peur de griller notre couverture. Car le boulot est suffisamment difficile pour lui ajouter en plus, la tâche de faire accepter nos genres et sexualités LGBT.
Si leur gaydar, le fameux radar qui permet de nous reconnaître entre nous, est aussi performant que le mien, celles et ceux chez qui j’ai décelé les détails caractéristiques, auront saisi que je fais moi aussi partie du club.

Cela arrange d’ailleurs la majorité hétérosexuelle qui ne supporte pas de nous voir nous plaindre de notre sort et qui préfère que nous l’entendions s’apitoyer sur le sien devant la machine à café. « Moi je commence à en avoir marre de devoir choisir mon camp entre les coincés de la manif pour tous et les homosexuels dégénérés ! »

Si nous n’avons pas fait notre coming out, c’est sûrement parce que nous n’avons pas eu de références culturelles contemporaines qui nous auraient encouragé en ce sens.

Parce que plusieurs de nos modèles potentiels ont été décimés par le sida. Si ce fléau n’avait pas provoqué la disparition massive de tant d’hommes et de femmes depuis la fin des années 70, aurions nous attendu 1999 pour le PACS et 2013 pour le mariage pour tous, n’aurions nous pas un président ou un premier ministre LGBT ?

Nos ancêtres les Didier Lestrade, les Helene Hazera, les Christophe Martet, les‪#‎PierreBergé‬.. Toutes et tous occupés à se battre contre un système de santé obsolète, pour aider les malades à survivre au sida et à implorer les nouvelles générations à se protéger, ne sont pas éternel(le)s.
Notre génération porte la responsabilité de la suivante.

Combien d’artistes/politiques/personnages publics de premier plan ont révélé qu’ils étaient homosexuels sans qu’une quelconque pression extérieure ne les y oblige ?
De leur plein gré ? Pour leur bien être personnel ?

Si les LGBT au pouvoir (médiatique ou politique) avaient juste dit « L’homosexualité est égale à l’hétérosexualité. ». Nous aurions compris.

Nous aurions accompli notre part du marché. Nous aurions vécu à visage découvert.

Au lieu de ça chacune de ces personnalités a bataillé pour défendre le droit à sa vie privée. Tous ces animateurs télé qui font défiler les mignons dans leurs émissions et qui vont ensuite crier au complot lorsqu’on leur demande s’ils ont un petit copain. Toutes ces baronnes de l’information qui nient maladivement ce que tout le monde sait déjà. Tous ces chanteurs ou sportifs qui s’affichent avec des compagnes fictives, qui ont des vies fictives, écrivent des chansons fictives, font toujours plus le grand écart entre le sens premier et le sens caché des mots ou des images qu’ils utilisent..

Nous les avons imité, conscients du danger potentiel pour notre confort quotidien ou pour notre prétendue intégrité physique.
Tout le monde joue la comédie dans les sphères du pouvoir médiatique.

J’ignore d’ailleurs qui ça va choquer d’apprendre que X ou Y est LGBT. Je veux dire, on est dans le showbiz, c’est pas comme si on leur demandait un certificat de virginité.

Ce qui est fou c’est que face à ce verrouillage de l’information et alors que les outils de diffusion sont devenus accessibles au plus grand nombre, le cynisme est la valeur principale de notre société.
Cette mode importée des USA de se filmer pour dire des choses que tout le monde entend partout mais que la magie du montage rend unique, cette nouvelle façon de se présenter au monde, de lui dire qui nous sommes, c’est le résultat de la frilosité de nos élites médiatiques.

Tout le monde se met au stand up, mais debout dans son salon ou étendu dans son lit. Et dit et montre tout.
Le posteur de vidéos en ligne (vidéo-blogueur) opère en totale opposition avec l’élite. Quand celle ci cache tout pour gagner plus, le vlogueur montre tout pour gagner en réputation électronique qui se monnaie ensuite à 1000 euros le million de vues. C’est à celui ou celle qui en dira le plus en s’autorisant toutes les formes et tous les langages au nom de la catharsis.

Le grand public se retrouve pris entre deux feux, l’autocensure ou le partage excessif d’information.

Les ados d’aujourd’hui, ceux qui ont la moitié de mon âge ou encore moins, ces jeunes qui sont jetés dans ce monde cruel où l’exhibitionnisme sexuel ou religieux a la même valeur que l’intégrité, il faut trouver le moyen de leur montrer qu’il n’y a pas besoin d’être une star de YouTube ou de YouPorn pour qu’ils soient bien dans leur peau. Que s’ils ne portent pas les habits traditionnels de leur communauté, ils ne sont pas des traitres ou des faux français. Qu’ils sont les propres maitres de leur destinée et qu’ils ont le droit de s’habiller comme ça leur chante.

Quand je lis ces histoires d’apprentis djihadistes, de jeunes épris d’idéalisme et dont les rêves sont dévoyés par des escrocs à la solde d’une organisation terroriste, je me dis que ces jeunes sont dans le même désarroi que leurs camarades qui font l’amour pour la première fois et qui ne se protègent pas parce que pour eux le sida est une maladie de vieux. Les mêmes qui conduisent sans permis en ayant trop bu ou qui font les idiots en moto bravent la mort pour se sentir vivants. Nos conseils de grands frères frelatés, ils s’en fichent, ils vivent vite pour oublier qu’ils ne vivent pas grand chose.

On est tous passé par là, et certains n’en sont pas revenus.

L’intégrisme qui ronge la société française au sein des organisations fascistes qui luttent contre le mariage pour tous, cet intégrisme dégueulasse qui applaudit à la contamination des jeunes homosexuels en leur faisant croire qu’un dieu les punit d’être différents, c’est le même intégrisme qui embrigade la jeunesse musulmane en la méprisant et en la rendant responsable de sa propre naïveté.

Qui est responsable d’avoir laissé nos jeunes se désintéresser de leur propre bonheur ?
Qui a baissé les yeux quand le drapeau arc en ciel s’est élevé dans le ciel ?
Qui brade ses idéaux d’égalité pour un peu d’indifférence ?
Qui continue de pleurer alors qu’on l’assassine sans agir le moins du monde pour se dépêtrer de la viscosité de l’invisibilité ?

C’est ma génération, celle des mecs invisibles incapables de répondre à un sourire parce qu’ils sont englués dans la négation d’eux mêmes.

GAYPRIDE | 01.07.2016 - 13 h 53 | 0 COMMENTAIRES
Pride de Nuit 2016 – Pride 2 Nuit
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Le 28 juin 2016 dans les rues de Paris près du Marais, a eu lieu la seconde édition de la marche alternative nommée « PRIDE DE NUIT » destinée à rappeler au gouvernement socialiste français ses engagements à l’égard de la communauté LGBT, notamment les droits des Trans et l’accès à la Procréation Médicalement Assistée pour les couples de femmes et les femmes célibataires qu’il a tout simplement effacé de son agenda politique.

Une marche bis comme une répétition de la Marche des Fiertés Lesbienne Gay Bisexuelle Trans « officielle » (reléguée au 2 juillet par l’action combinée de l’état d’urgence, de l’euro de football et de notre incapacité à taper du poing sur la table avec un allié, le PS qui est devenu notre ennemi)

Je me suis rendu à cette Pride de Nuit avec un sentiment mêlé de fierté et de flottement.

De fierté car j’ai vu la jeunesse de France défiler pour ses droits, bruyamment et joyeusement.
Pour le flottement, je dois reconnaître que je ne sais plus vraiment où je me situe désormais sur l’échiquier politique sitôt que j’ai reconnu que le pouvoir socialiste nous a trahi nous les Trans, les Gouines et les Pédés. Nous la Gauche.

Comme je ne suis pas vraiment dans un mouvement précis, j’ai décidé de « couvrir » cette marche en (gros) poisson pilote, arrimé à son museau et en m’imprégnant des délicieuses vibrations de son être.

La vie était là sous mes yeux. Je n’ai eu qu’à regarder.

Et au terme de cette balade révolutionnaire, les personnes présentes ont rendu hommage à une militante  « Brenda » décédée depuis peu ainsi qu’à toutes les victimes des attentats homophobes.

Non classé | 22.09.2015 - 14 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Migrant, moi.
doucherosse

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Tu migres vers une terre qui se dérobe sous tes pieds.

Et les frontières en fil de fer barbelé qui t’ont tailladé le corps et les montagnes abruptes mille fois contournées t’ont semblé plus douces que les réactions des peuples de cette Europe rêvée sous les bombes de ta terre natale.

T’attendais-tu à tant d’indifférence de notre part ?

Tu es assis à l’écart sur ce trottoir à coté de la bouche de métro près du périphérique Nord. Tu as fui la guerre et traversé tant de dangers mais le vacarme de ces parisiens qui feignent de ne pas te voir, te rend incrédule.

Dans tes yeux rougis par la lassitude d’ignorer ce que sera demain, je lis la surprise quand je prends ta main dans la mienne. Je te propose avec trois mots d’anglais  de venir prendre une douche, manger un morceau et te reposer dans un vrai lit pour la nuit.

Je t’entraîne dans le métro pour monter et descendre des centaines de marches et finir par arriver dans le deux pièces où j’habite seul.

Dans le salon exigu, quand je défais les sangles de tes sacs et qu’ils tombent à tes pieds, tu as l’air désemparé. Tu avais oublié la sensation de ne plus les porter où que tu sois. Tu te sens nu et dépossédé.

Je te guide vers la salle de bain et comme je remarque que tu peines à retrouver le souvenir d’un geste si anodin, je t’aide à te déshabiller délicatement.

Tes vêtements sont tellement usés par la brutalité du voyage qu’on ne dirait pas qu’ils étaient neufs le jour de ton départ. Tu les as sommairement rapiécés pour ne pas les transformer en guenilles et le simple fait d’essayer de rester présentable draine toute ton énergie. Ton corps est en alerte depuis tant de temps.

Et ton cœur lourd d’avoir laissé les membres de ta famille derrière toi. Les retrouveras tu un jour ? Seront-ils toujours vivants ?

Tu entres dans la cabine de douche et comme je te montre le fonctionnement du pommeau réglable, je t’effleure le téton. La lumière synthétique fait éclater la beauté de ta frêle musculature. Tu sursautes et tu me regardes en souriant.

Je n’avais pas encore vu combien tes yeux sont clairs quand ta peau, marquée par le soleil des interminables jours de marche, est si foncée.

Le jet d’eau s’abat sur ton épiderme, coule le long de ton torse, se déverse sur ton sexe et sur tes cuisses puis ruisselle à tes pieds. Je pose une noisette de shampoing sur le haut de ton crâne et la fais mousser. Tu me regardes et tu me laisses faire.

Je saisis le savon et je dessine sur ton corps des cercles concentriques qui te détendent progressivement. Je te lave comme on soignerait un corps blessé.

Les filets d’eau sont mes bras et je t’enlace chastement pour effacer les stigmates de la traversée.

Je te masse avec ces gels qui rendent la peau douce et je tente d’apaiser la tension de ta nuque en caressant ton crâne dans lequel bout le magma de tes émotions. Je veux te serrer contre moi et te montrer que tu n’a jamais cessé d’être un être humain digne de respect et d’amour.

Tu es attentif à mes gestes et je frotte lentement le gant sur tes joues et tes paupières, sur ton cou et sur tes lèvres.

L’eau purificatrice qui chasse la crasse à coup de tourbillons d’écume, éclabousse mes vêtements et je pleure intérieurement de t’avoir si longtemps craint et ignoré.

Je saisis une serviette et je sèche le moindre centimètre de ton anatomie. Je te coiffe. Je t’apporte quelques vêtements qui ne me vont plus. Je t’habille. Je te couche dans mon lit et je veille sur toi comme une vieille call-girl recherchée par la mafia qui guette le danger par la fenêtre pendant que tu t’endors.

Plus tard, nous dînons ensemble d’une pizza au fromage, d’un gros pot de glace et d’une bouteille de vodka que je garde au frais depuis quelques mois.

Les degrés de cet alcool fort nous réchauffent et nous commençons enfin à nous détendre.

Je te donne le téléphone pour joindre ta famille restée là bas. Tu n’arrives à contacter qu’un oncle au prix de plusieurs essais. Tu le rassures, tu es toujours vivant. Tu pleures et tu ris dans ta langue. Ton interlocuteur aussi. Tu parles quelques secondes en me questionnant du regard pour savoir si cela ne sera pas trop cher, je hoche la tête pour te confirmer que tu peux continuer.

Puis nous jouons à des jeux vidéo et tu tentes de trouver la chaîne de télé de ton pays sur la box ADSL.

Tu zappes et puis on se raconte nos vies en anglais. Tu me dis de quel coin tu es originaire. Tu m’expliques que si la guerre n’avait pas eu lieu, tu aurais fini par fuir ton pays à cause de la dictature. Tu as toujours aimé la France et tu connais des choses sur l’histoire que moi-même je découvre. Tu prendras le temps de visiter la capitale une fois que tu auras trouvé un endroit où rester. Tu veux voir la pyramide du Louvre en vrai et monter dans la Tour Eiffel.

 

Tu as plein de rêves et tu attendais juste que quelqu’un prenne le temps de t’écouter les dire.

Tu regardes ta montre à quartz et tu me dis que tu dois repartir car tu dois rejoindre tes amis. Tu es heureux. Tout va rentrer dans l’ordre maintenant que tu es avec eux.

Je ne t’aurais offert rien de plus que quelques instants de chaleur humaine.

 

 

Si seulement, j’avais osé te le proposer.

HOMOPHOBIE | LOGO | Non classé | 05.08.2015 - 18 h 26 | 2 COMMENTAIRES
Après la manif pour tous, le parking pour (pas) tous..
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Dans ce nouveau numéro d’Ensqête Excluvice depuis mon canapé, nous aborderons la douloureuse question de la mauvaise idée marketing dite aussi « foireuse » ou « à la con » dans le domaine du logo signalétique ou d’entreprise à Niort.

Vous connaissez surement ces pages humoristiques qui font l’inventaire des logos d’entreprises qui passent à coté de leur mission première car ils ont été mal pensés.

Ces entreprises avaient certainement eu des graphistes taquins car mal rémunérés ou à l’affût du moindre buzz. Ces dessins sont pour la plupart assez bénins et si leur but est de nous faire rire, ils ont atteint cet objectif.

Dans l’actualité pourtant, une nouvelle affaire de loupé dans les logos signalétiques défraye la chronique jusqu’à provoquer l’étonnement à l’international !

Il semble que ce soit une pratique assez courante pour les supermarchés d’arborer des panneaux signalant aux familles des zones qui leurs sont réservées sur les parkings afin de leur en faciliter l’accès. Il suffit de taper les mots clés place famille parking sur votre moteur de recherche d’images préféré pour le constater.

Ces logos sont encore trop souvent hétéronormés ce qui doit réjouir les adeptes de la théorie du djendeur.

C’est la raison pour laquelle la découverte de la proposition du magasin Casino de Niort a de quoi surprendre. Elle reprend exactement les tons de couleurs rose et blanc du logo de l’inénarrable organisation « manif pour tous » qui a fait descendre dans les rues de France tout ce que notre pays a pu vomir de plus réactionnaire et xénophobe à l’occasion de la bataille perdue contre le mariage pour tou(te)s.

Devant l’émoi suscité sur twitter notamment, les journalistes professionnels ont pris soin de faire leur travail avec beaucoup de sérieux. L’article du Courrier de l’Ouest ici explique :

Le parking de Géant Casino à Chauray compte depuis quelque temps déjà quatre places de stationnement pour familles avec jeunes enfants. Certains ont cru que le symbole sur fond rose les signalant serait celui, tout craché, de la Manif pour tous.

Et s’en émeuvent via Twitter. Exemple avec ce commentaire : « L’homophobie se niche partout désormais ». C’est aller vite en besogne.

Les responsables de la grande surface invitent à ne pas faire d’amalgame : « Cette signalétique est classique et visible ailleurs. On n’a eu qu’un seul cas d’un homme venu protester, évoquant la Manif pour tous, mais il voulait faire l’intéressant », précise-t-on à Géant.

A toutes fins utiles, on peut se reporter au blog de Marc Vuillemot, maire PS – Gauche unie de La Seyne-sur-Mer dans le Var et conseiller régional de Provence Alpes Côte d’Azur.

Il y évoque les décisions du comité des usagers du stationnement et parmi celles-ci le test de « places en « zone rose » dans le parking Martini, destinées aux familles avec jeunes enfants, proches des accès des ascenseurs ».

Le panneau signalétique montre les quatre silhouettes, blanches sur fond rose : homme, femme et deux enfants (garçon et fille). Sans arrière-pensée Manif pour tous.

La page du blog en question, datée du 13 décembre 2013 (en plein dans le gaz quoi) évoque les travaux de comités de quartiers dans le sud de la France mais on ne voit vraiment pas le rapport avec un supermarché à Niort.

Pourtant si la presse s’interroge au sujet de cette originalité niortaise, les simples citoyens aussi.

S’agit il d’une faute d’inattention de la part d’un chef de magasin trop fatigué pour s’apercevoir que ce logo renvoie vers des heures sombres de notre histoire contemporaine ? Est ce une façon d’exclure encore un peu plus les familles qui ne répondraient pas au schéma 1 papa+1 maman+1 fille+ 1 garçon ? De quel esprit étriqué est sorti ce logo putride ? Il rappelle de très mauvais souvenirs aux familles homoparentales qui se battent encore à ce jour pour faire respecter leurs droits. Est il utile de rappeler à ce supermarché que l’humiliation ne fait pas vendre ?

Que doivent faire les consommateurs homosexuels pour arriver à se faire entendre et comprendre du groupe Casino France ?

COUP DE THÉÂTRE !!

phototwitterUne semaine après le début de la polémique, il semble que la direction du supermarché Géant Casino Niort Chauray ait saisi toute la portée du malaise ressenti à la vision de tels panneaux et soit en train de modifier leurs dessins. Une victoire de la mobilisation des internautes.

A suivre..

JE REVE | MAGAZINE | TETU | 26.07.2015 - 16 h 18 | 1 COMMENTAIRES
LGBT y es-tu ?
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Je pense que la presse qui s’adresse à la communauté Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Trans doit arrêter de vouloir singer la presse « grand public ».
Je rêve d’une banque.. euh non..
Je rêve d’un magazine, accessible, qui s’intéresse à moi non pas comme un consommateur mais comme un citoyen, qui éveille mes sens, qui me sorte de ma torpeur et qui provoque à l’intérieur de ma tête un déclic salvateur.
Je rêve d’un magazine, intègre, qui ne fait pas de publicité aux artistes qui se hasardent à dénigrer une communauté à laquelle ils ne veulent pas être assimilés pour des raisons sérieuses ou pas.
Je rêve d’un magazine qui ne se contente pas de republier des infos déjà lues ailleurs en anglais.
Je rêve d’un magazine sexué et sexuel qui sait être érotique sans verser dans la pornographie.
Je rêve d’un magazine pornographique qui s’assume et qui ne prend pas ses lecteurs pour des enfants échappés d’un service de contrôle parental.
Je rêve d’un magazine charmant, charmeur et poilu.
Je rêve d’un magazine qui bouscule les idées reçues et les idéaux viciés.
Je rêve d’un magazine qui s’intéresse à la réalité économique et sociale des lectrices et des lecteurs.
Je rêve d’un magazine qui ne me méprise pas.
Je rêve d’un magazine à l’avant garde des combats politiques.
Je rêve d’un magazine de combat contre l’homophobie.
Je rêve d’un magazine qui ne me prend pas pour une vache à lait quand le contenu qu’il propose est déjà visible ailleurs gratuitement.

Je rêve enfin d’un magazine qui s’adapte aux nouvelles façons de lire des magazines.
Je rêve, je rêve. Je rêve ?

HOMOPHOBIE | YOUTUBE | 22.07.2015 - 13 h 56 | 3 COMMENTAIRES
Le « youtubeur » Gaspard G est il homophobe ?
gaspardg

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Sur le site de partage de vidéos en ligne Youtube, il y a souvent de petites pépites. Après Norman, Cyprien, JhonRachid et les autres, une nouvelle génération de vidéo-blogueurs (ou vlogueurs) émerge et parmi eux, le sympathique Gaspard G.

C’est en faisant une recherche au sujet des plagiats de chansons sur internet que je suis tombé sur 0cette dénonciation en règle de la très forte ressemblance entre le titre « Papaoutai » de Stromae et sa supposée réorchestration hexagonale sous le titre « Moustache » par les candidats malheureux du concours EUROVISION 2014, les bondissants « Twin-Twin ».

Une information qui ne date pas d’hier puisqu’elle avait déjà été relevée un an auparavant par les médias français.

Gaspard G a 17 ans et beaucoup de talent. Ses vidéos sont tellement professionnelles qu’elles mériteraient de passer à la télévision. Simplement, il y a dans ses interventions des dérapages qui semblent anodins mais qui mis bout à bout sont particulièrement dérangeants.

Gaspard G nous prévient d’emblée « Cette vidéo utilise le principe du second degré ». OK.

Évoquant sa passion pour le karaoké, Gaspard explique qu’il se rend sur Youtube avec son petit micro (sens caché ?) pour chanter ses tubes préférés comme par exemple « Papaoutai » de Stromae.

C’est parfaitement respectable !

S’en suit une courte description de l’artiste belge et de l’intérêt pour les chanteurs d’avoir un pseudo quand leur vrai nom n’est pas très vendeur. Porté par la mélodie, c’est alors qu’il s’aperçoit de la similarité musicale avec un autre tube du moment en France, le fameux « Moustache » du groupe « Twin Twin ».

Quand Gaspard se rend compte qu’il a levé un lièvre sémantique, il part dans un délire visuel très drôle comparable à ces vidéos sur les « illuminatis » et autres joyeusetés complotistes : « Oh my God ! Tout est lié ! »

Et dans le feu de l’action, Gaspard s’enflamme vers 2’08 :

« Bref, le pl2us choquant dans cette chanson, ce n’est pas que ce soit des PÉDALES en moule-bite qui nous représentent, non pour le coup, ça donne une image semi beauf, semi moderne à la France, ce qu’elle n’avait déjà pas, bon OK.. »

Ah donc dire publiquement de quelqu’un que c’est une « pédale » pour s’en moquer en 2015, c’est OK ? On continue alors.

 

Gaspard se désole de la situation de la chanson française à l’Eurovision et appelle donc à ce qu’on sollicite Patrick Sébastien (ce qui semble déjà faire l’objet d’une page Facebook). Tournage de serviettes et tout.

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Puis il se ravise et indique que ce n’est finalement pas choquant que ce soit eux (les Twin-Twin) qui représentent la France car : « Après tout la même année, l’Autriche avait désigné un travelo déguisé en Jésus et devinez quoi il avait gagné ! Décidément ils étaient tous bourrés ce jour là à l’Eurovision ! »

N’en jetez plus ! On revient à l’analyse des titres sinon on va se mettre en colère.

 

Après un cassage en règle des petits copains de Youtube, de leur coupe de cheveux et de la ressemblance du logo de la boite de production « Golden Moustache » avec celle du logo moustache du clip des TT (non pas les tétés, les Twin Twin), Gaspard embraye sur la comparaison des postures des artistes dans leurs clips respectifs, des regards et même de la dégaine d’un figurant Noir du clip de « Moustache » qui serait comparable à celle de Stromae, tout ça agrémenté d’un malheureux « Really Nigger ? ».

6La critique sociale de la part d’un jeune homme à priori lui même privilégié est également assez savoureuse : « Oh et puis ces petites PÉDALES bourgeoises qui se plaignent d’avoir trop d’argent, moi ça m’énerve ! A la limite mets moi un morceau de Charles – Vicomte, je préfère. »

Quoi comment ça, encore le mot PÉDALE dans tes propos ? Une fois, c’est juste un dérapage mais deux fois ça devient de l’homophobie ! Ton public homophobe est il plus nombreux que ton public non homophobe voire homosexuel ? Pourquoi t’aliéner une partie de la population en utilisant ce genre de terme injurieux ? Fais gaffe, mec !

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Après un dernier hommage aux titres qui l’ont bercé dans son enfance, il reconnait que la chanson des prétendants à l’Eurovision était sympathique et il invite les spectateurs à consulter le clip en question.

 

Légèrement dérangé par l’utilisation du mot « pédale » qui n’avait pas ici de sens cycliste. Je me suis plongé dans la vidéographie de Gaspard G pour étudier ses tics de langage et voir si j’étais vraiment vieux jeu ou s’il avait peut être un problème avec l’homosexualité.

sfJ’ai d’abord consulté « 8 heures à San Francisco » puisque Gaspard durant son séjour américain, réside dans la banlieue de San Francisco. Que dire ? C’est un souvenir de vacances bien filmé mais sans aucun intérêt. La vidéo d’ailleurs culmine à 60 000 vues alors qu’il a l’habitude de dépasser les 100 000 dans ses autres productions. Et puis quand on est à San Francisco, la capitale LGBT mondiale, comment ne pas faire une seule image sur cette identité ?

Il y a bien une longue séquence sur des phoques mais je ne pense pas que.. hein ?

Même son acolyte dans cette balade improvisée, Htet, le remet à sa place dans le quartier chinois quand il lui fait remarquer après que Gaspard lui demande s’il est content d’être enfin chez lui, que les asiatiques ne sont pas tous chinois..

degeDans « 20 choses sur moi », Gaspard présente en pas tout à fait 20 points, ses principales caractéristiques en mots clés précédés d’un # comme dans les réseaux sociaux. C’est un peu le passage obligé pour tout Youtubeur célèbre qui se respecte.

Au moment du hashtag #ville, il déclame : « J’habite à San Francisco, et oui, la ville de l’art (photo d’un tableau de Keith Haring), de la technologie (photo de lui au pied d’une pancarte avec le pouce blanc et bleu « j’aime » au 1, Hacker Way, les locaux de Facebook) et des dégénérés sexuels ! » (photo d’une manifestation de gens qui marchent dont un couple homme / femme de naturistes).

Sympa, pour San Francisco 🙂 Je me demande bien qui sont ces dégénérés sexuels dont il parle et durant quelle manifestation publique annuelle a été prise la photo ? (la Gaypride ? Et non perdu, c’est une manifestation annuelle nommée le « Bay To Breakers » qui est une course où les concurrents sont souvent déguisés ou tous nus, l’image a apparemment été prise lors de l’édition 2008)

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Une de ses autres vidéos a la particularité unique d’avoir des relents racistes (assumés) et homophobes. Il s’agit de « Le vol du vélo » qui relate la mésaventure qu’il a vécu lors qu’on lui a volé la bicyclette qu’il utilisait pour faire ses courses. Dans une scène digne d’une reconstitution non hollywoodienne, son personnage constatant que l’antivol a été sectionné, éructe « Mais ça sent le couscous ! »

Puis une vignette vient rappeler qu’il s’agit d’un homme raciste. Donc une évocation d’une réaction raciste.

 

pinces

OK mais alors pourquoi dans le reste de la vidéo, celui qui interprète le « voleur » est coiffé d’une perruque afro avec des dreadlocks ?

Quel est le message ici ? C’était pas un Arabe mais un Noir ? C’est pas terrible du tout.

 

 

 

bestjokeD’autant qu’à 1’42, il envisage en des termes presque français : « C’est un vélo de femme en plus. Le mec va paraître pour une vraie pédale. »

On entend le rire d’un public et la vignette « Best Joke Ever » s’affiche.

On a le jeu de mot sur « pédale » enfin utilisé dans un sens cycliste ET homophobe ! Super ! C’est digne de la meilleure blague de tous les temps, hein ?

Pourquoi de tels dérapages racistes et homophobes ?

Sur Twitter, les fans de Gaspard m’expliquent que je me trompe et que l’utilisation du mot « pédale » n’est pas une preuve de son homophobie. Je ne sais pas quoi penser des réactions que j’ai lu. Il y a un réseau qui se serre les coudes et c’est parfaitement compréhensible. Mais dans un univers régi par la réputation, et surtout la monétisation de cette réputation, quand on pointe une anomalie, la moindre des choses c’est de la corriger. A ce jour, ces vidéos sont toujours en ligne.

pedale&douchebagJ’ai par exemple eu un échange curieux avec PLCloutier, « l’ami gay » de Gaspard qui prétend ne pas utiliser le terme « pédale » et donc ne pas savoir ce qu’il représente en France. Une déclaration étonnante quand on visionne sa vidéo du 1er juillet dernier nommée « PÉDALE ET DOUCHEBAG ?« , où accompagné d’un camarade, il lit les commentaires négatifs à son encontre en les tournant en ridicule après avoir aspiré une dose d’hélium.

Faites vous votre propre avis, selon vous, il est homophobe, Gaspard G ?

Cet article a été mis à jour (précision sur le Bay To Breakers et ajout Twitter)

GAYPRIDE | 19.07.2015 - 04 h 32 | 0 COMMENTAIRES
Marche des Fiertés LGBT Paris 2015, mes photos.
ToyBoy en représentation.

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Les regards des inconnuEs de cette galerie ont été floutés pour maintenir leur anonymat. Ne restent reconnaissables que les personnes qui étaient sur les chars ou dans une démarche active de visibilité.

GAYPRIDE | Non classé | 27.06.2015 - 11 h 01 | 0 COMMENTAIRES
En gif et en photos, ma 1ère « Pride de Nuit » ;)
vlcsnap-2015-06-27-02h15m55s161

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D’abord rassembléEs autour d’orateurs divers près de la Fontaine des Innocents à Paris, les participantEs de la première « Pride de Nuit » (19h/21h30) se sont ensuite engagéEs dans les rues escarpées du Marais tout au long de la rue Sainte Croix de la Bretonnerie.

Dans une ambiance bon enfant, aux accents libertaires et révolutionnaires, les personnes présentes répondant à la totalité du spectre LGBTQI, voulaient ainsi montrer qu’une marche des fiertés ce n’est pas qu’une fête où l’on danse.

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Eye contact 😉

 

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Forces vives !

 

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Une formule bien trouvée.

 

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Forces vives ! (bis)

 

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Faites l’amour pas la guerre..

 

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Du monde en marche.

 

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Tout le monde s’éclate à la queue leu leu ! (air connu)

 

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Coucou Chèch 😉

 

Ce samedi je participe aussi à la marche des fiertés LGBT « officielle ».

L’occasion de ramener d’autres images d’autres instants.

Bonne marche à toutes et à tous !

Non classé | 09.03.2015 - 21 h 48 | 2 COMMENTAIRES
Qui pourra me dire ce que ce rêve signifie ?
mysteriouScow

Je fais un rêve bizarre depuis quelques jours. Je rêve que je suis un évadé.

Autrefois au service d’un homme dangereux,

Genre Dr No qui n’accepte pas de me voir partir sans me tuer.

Je lui échappe de diverses manières, dans l’océan ou le désert

Je cours à en perdre haleine mais il me rattrape tout le temps

Implacable et sournois, survolant les obstacles

Il parvient à devancer mes moindres faits et gestes

Dans mon dernier rêve, celui de cette nuit

Je suis acculé à m’enfuir dans un parc aride

J’ai l’impression d’être dans un canyon où une procession a lieu

Je ne sais pas quelle divinité est fêtée mais les gens qui la composent

Ne font pas attention à moi. Ils marchent les uns derrière les autres

Décorés de fleurs et d’étoffes colorées

Alors que j’esquive une nouvelle fois mon assaillant

Je suis finalement entouré par des agents en tenue couleur sable

Comme des Rangers ou des gardiens de zoo

Suis je l’animal ici ? L’homme qui me poursuit est satisfait

L’un des gardes tient dans sa main un serpent

Je ne sais pas s’il est venimeux, il n’est pas effrayant

Attendant un signe de tête de son supérieur

Et alors que je veux négocier une journée de répit

Pour voir sans doute une dernière fois le soleil se coucher

Je propose de garder l’animal comme garant

Devant l’hésitation de mes poursuivants, le rêve s’étiole. Et je me réveille.

Non classé | 20.11.2014 - 01 h 12 | 2 COMMENTAIRES
QUAND LA PEINTURE S’ÉCAILLE.

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ecail

(texte écrit en 2013)

La fin du monde n’a pas encore eu lieu.

Et mon coming out à mes parents non plus.

Je passe mon temps à imaginer des stratagèmes pour le leur dire.

Sans que ça leur fasse du mal. Sans me griller définitivement.

J’ai réussi à le révéler à une de mes sœurs. Qui l’a bien pris et qui est aussi paumée que moi pour savoir quelle suite donner aux événements. Mais qui me soutient.

Comme j’ai été heureux que des internautes m’écrivent des deux cotés de la Méditerranée pour me dire combien mon texte leur avait rappelé leur lutte sourde, je n’étais donc pas seul.

Car notre placard nous asphyxie. Il menace notre intégrité mentale et non seulement nous en sommes conscients mais nous le repeignons, nous le renforçons année après année, avec des mensonges, avec des postures et même quand la peinture s’écaille, nous lui trouvons du charme.

Le placard est un genre de cité. Un endroit clos qui est mauvais pour la santé mais qu’on apprivoise au fil du temps, parce qu’on n’a pas les moyens de faire autrement.

Vivre dans un quartier difficile, ce n’est souvent pas pire que vivre ailleurs, sauf quand la drogue est là et que les caïds prennent toute la place parce que la police ne fait plus son travail de prévention.

Sauf quand les grands frères se prennent pour les gardiens de la vertu parce qu’ils ont réussi à jeûner deux jours d’affilée sans fumer.

Sauf quand les dealers et les grands frères sont les mêmes personnes.

Il y a alors deux choix possibles, se battre ou s’en aller.

Rester c’est se battre. C’est ne pas céder son territoire à l’ennemi.

C’est occuper le terrain pour montrer qu’on est vivants. Et plus forts ensemble.

Et quand on n’a plus le courage de continuer. On s’en va aussi rapidement qu’on en a les moyens. Comme ce mauvais stress était en train de me tuer, je ne voulais pas être une statistique de plus. Je suis parti.

J’ai vécu dans une cité de Seine Saint Denis jusqu’à l’âge de 33 ans, l’âge de tu sais qui.

D’abord chez mes parents puis dans un studio dans la tour d’à coté.

Les premières années ont été heureuses, même si elles ont été émaillées d’incidents dignes d’une série policière américaine : Meurtres en pleine rue, fuite d’un chauffard après avoir renversé un enfant, bagarres quotidiennes entre bandes de jeunes, incendies à répétition de parkings de stationnement souterrain, incivilités en tous genres, agressions en pleine rue, vols de sacs à main, bruits de motos trafiquées à toute heure de la journée, les choses habituelles.

Cela a arrangé beaucoup de gens que nous vivions petit à petit comme des chiens.

En tant qu’homosexuel, j’étais aussi perdu dans ma cité qu’en dehors.

Dedans j’étais un zombie et dehors, j’étais incapable d’être moi-même.

Pris au piège dans les deux univers. Quatre fois exclu, en tant que français d’origine algérienne, en tant que musulman, en tant qu’homosexuel, en tant qu’habitant d’une cité difficile.

C’est la raison pour laquelle je comprends parfaitement l’urgence qui sous tends la question du mariage et de l’adoption par les couples homosexuels.

Ce n’est pas une question de culture. Il n’est pas nécessaire d’être du cru pour comprendre que les homosexuels sont actuellement des citoyens de seconde zone.

Et bien que les habitants des quartiers dits sensibles partagent une indéniable précarité sociale avec eux, leur statut n’est pas définitivement scellé parce qu’ils sont différents.

Il leur est toujours possible d’évoluer, de sortir de leur précarité.

L’injustice que j’ai rencontré parce que j’habitais une zone sensible est la même que celle qui discrimine la population lesbienne, gaie, bisexuelle et transsexuelle en France. Elle se nourrit de l’intolérance et de l’ignorance.

L’homophobie est un racisme. Souffrir du racisme soi même et être homophobe, quelle tristesse !

L’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels est une évidence pour moi. Une simple question d’égalité, ni plus ni moins.

Quel intérêt donc pour des individus non homosexuels ? A part de ne perdre aucun droit ou créer les conditions favorables pour que leurs propres enfants homosexuels ou des membres de leur famille s’épanouissent, il n’y en a aucun puisque ça ne les concerne pas.

Je me fiche bien moi-même du mariage, je veux seulement avoir le choix de me marier ou pas. Je ne resterais pas indéfiniment dans mon placard.

Je suis ravi de pouvoir le dire ici. C’est l’émancipation qui est la clé de toutes nos luttes.

Nous sommes français de plein droit. Nous devons jouir de l’entièreté de nos droits.

Comme disait l’autre, le changement c’est maintenant.

Nous les enfants d’immigrés, nous sommes aussi français de plein droit.

Nous ne sommes pas des indigènes. Nous appartenons à ce pays et ce pays nous appartient.

Je n’ai pas envie de faire ma vie dans un autre pays que la France.

Nos parents sont venus ici pour vivre dans ce qu’ils estimaient être alors un pays plus évolué que leur terre d’origine.

Pour fuir une asphyxie politique ou religieuse ou économique ou familiale ou tout ça à la fois.

Je suis originaire d’Algérie, c’est un pays fantastique pour les vacances quand on est un enfant mais en grandissant j’ai commencé à comprendre tout ce qui a fait fuir mes parents.

Je ne rejette pas ce pays. Je constate simplement que mon père et ma mère n’y retourneront pas pour y vivre leur retraite. C’est notre réalité.

Mon père a désormais passé plus de temps en France qu’en Algérie.

Il n’a pas du tout envie d’y revenir définitivement. C’est un constat amer pour lui.

Ma mère n’acceptera jamais qu’un homme lui marche sur les pieds comme les hommes aiment le faire dans son pays natal. C’est une évidence pour elle.

Pour autant ma vie est nourrie par l’actualité et la culture de là bas.

Car ce pays fait aussi partie de moi.

Nous les enfants d’immigrés, nous avons deux cultures. Et c’est formidable.

Seulement notre vie est ici. En gardant notre culture, notre mode de vie et nos croyances.

C’est la raison pour laquelle je rejette les organisations qui voudraient faire de l’Islam de France, l’antenne d’un autre pays d’Afrique.

Je suis musulman et ma conception de l’islam est française.

Je m’inquiète de la montée de l’intolérance à l’égard de notre religion parce que mes coreligionnaires laissent trop souvent s’exprimer à leur place des individus téléguidés par d’autres nations, avec d’autres agendas politiques.

Nous ne devons pas vivre au rythme des fatwas du monde arabe. Nous devons évoluer vers un islam européen. Les musulmans français valent les musulmans arabes ou africains, nous n’avons pas besoin de modèles, nous sommes nos propres maîtres.

Je suis français, aussi français qu’un « français de souche ».

Dans les cités, les jeunes pensent qu’ils sont étrangers.

Il faut leur répéter qu’ils sont français. Que leurs parents le sont aussi.

Il faut qu’ils apprennent à réagir en tant que français. A construire leur vie ici.

Leur désintégration sociale est toujours le résultat d’une négation de leur nationalité.

La diversité de ce pays fait sa force. Il faut forcer nos contemporains à l’accepter.

Il n’est pas normal que la diversité ne soit pas plus répandue dans notre environnement culturel, au cinéma, à la télévision, dans la vie politique comme il l’est déjà dans la vie économique.

Nous sommes la France. Ici. Maintenant.

Et si je trouve la force de dire à mes parents que je suis gay, je ne suis pas un destructeur de l’harmonie familiale. J’essaie simplement d’être honnête avec eux.

Parce que je les aime. Réellement.

Si l’homosexualité n’existe pas dans la cité, si elle n’existe pas dans le monde arabe, cela signifie t il que je viens de l’espace ? Chouette alors !